
B Corp évolue en profondeur. Et ce n’est pas un simple “lifting” du questionnaire : B Lab a refondu le modèle pour rendre la certification plus rigoureuse, plus lisible, et mieux alignée avec les attentes de crédibilité . Dans cet article, je vous propose une lecture simple et terrain : ce qui change, ce qui devient plus clair, ce qui devient plus difficile, et surtout comment vous organiser pour avancer sans vous épuiser.
B Lab explique vouloir “élever le niveau” : renforcer ce que signifie réellement être une entreprise à impact, avec plus de cohérence et de transparence, et sortir d’une logique qui pouvait laisser passer des angles morts importants. En Europe, B Lab met aussi en avant un contexte où les allégations environnementales et les labels doivent être plus solides et plus auditables.
Si vous connaissez l’ancienne approche du B Impact Assessment, vous avez en tête l’idée d’un seuil à atteindre avec un système de points. La nouvelle logique est différente : B Lab annonce un passage d’un modèle basé sur un score à un modèle avec des exigences minimales à respecter sur des sujets clés. En clair : on ne “compense” plus facilement une faiblesse structurante par de bons points ailleurs.
C’est une bascule importante, parce qu’elle change la stratégie :
B Lab structure les nouveaux standards en deux grands ensembles :
C’est le cadre commun : des exigences de base (éligibilité, conditions, principes de la certification, etc.) qui posent les fondations.
Le cœur du référentiel repose sur sept “Impact Topics” (thèmes d’impact) que B Lab présente comme des domaines sociaux, environnementaux et de gouvernance sur lesquels une entreprise doit agir de façon concrète. B Lab Europe rappelle aussi plusieurs jalons récents : standards v2.0 publiés dans la plateforme en avril 2025, puis mise à jour v2.1 en août 2025, avec un “Certification Hub” et des ressources pour préparer certification et audit.
Le passage à des exigences par thèmes clarifie ce que B Corp veut dire : une performance minimale sur des enjeux jugés essentiels, plutôt qu’un bon score global qui masque parfois des faiblesses structurelles. Pour beaucoup de PME/ETI, c’est paradoxalement une bonne nouvelle : on arrête de “jouer au questionnaire” et on revient à l’essentiel.
B Lab explique que les sept thèmes sont conçus pour pousser les entreprises à gérer l’impact de manière intégrée (gouvernance, climat, dimensions sociales…). Traduction terrain : moins d’actions isolées “sympas”, plus de cohérence entre stratégie, décisions, achats, RH, produits, etc.
B Lab Europe met à disposition un Certification Hub et un kit de ressources pour accompagner la préparation (guides, étapes, audit, licensing). Quand on est une PME/ETI sans équipe RSE structurée, cet aspect “parcours + guidance” aide vraiment… à condition de s’organiser.
1) Les “angles morts” deviennent bloquants
C’est le point le plus concret : si vous avez un thème où vous n’êtes pas au niveau attendu, il sera plus difficile (voire impossible) de le “rattraper” avec d’autres forces. B Lab l’exprime clairement : on passe à des minimums requis sur les sept thèmes. Pour beaucoup d’organisations, cela signifie : moins de dispersion (bonne nouvelle) mais plus d’exigence sur quelques fondamentaux (défi réel).
2) Plus de preuves, plus d’auditabilité
Le référentiel devient plus “assurable” : politiques, processus, traçabilité, données… B Lab insiste sur la préparation à l’audit et met en avant des ressources dédiées. La difficulté n’est pas toujours “faire” : c’est prouver de façon robuste et stable dans le temps.
3) Les sujets “durs” sont plus difficiles à contourner
Sans rentrer dans le détail de chaque exigence (elles dépendent de la taille et du contexte), certaines zones sont classiquement plus exigeantes :
B Lab confirme que les standards “rehaussent la barre” sur des enjeux majeurs comme le climat, les droits humains, la gouvernance…
4) Un calendrier qui arrive vite (surtout pour l’Europe)
B Lab Europe indique que les B Corps existantes en Europe commencent la recertification sur v2.1 à partir de janvier 2026, et que le parcours s’ouvre ensuite aux nouveaux candidats en mars 2026. Donc, même si vous n’êtes pas “en recertification demain”, le bon réflexe est d’anticiper : cadrer, prioriser, construire la preuve au fil de l’eau.
Dans la vraie vie, on observe souvent 3 conséquences :
Une ETI “fait beaucoup” : mécénat, actions locales, quelques gestes énergie, une communication positive.
Mais : peu de critères achats, pas de gouvernance RSE claire, pas d’indicateurs suivis, preuves éparpillées.Dans l’ancien monde, elle pouvait chercher des points sur ses forces.
Dans le nouveau monde, elle doit d’abord sécuriser un socle : qui décide quoi, comment on pilote, comment on intègre la RSE dans les routines (achats, objectifs managers, conception, etc.)… et comment on le prouve.
1) Cadrer votre “profil de certification”
Périmètre (entités, sites), taille, zones géographiques, activités… Ce cadrage conditionne ensuite vos exigences et votre parcours dans B Impact / Certification Hub.
Ne cherchez pas à tout maîtriser d’un coup. L’objectif est de comprendre la logique et de repérer vos thèmes “risque”.
Pour chaque thème :
La plupart des entreprises échouent ici : elles lancent 10 chantiers, s’épuisent, puis stoppent.
Avec la logique d’exigences, mieux vaut sécuriser 3 chantiers structurants (souvent : gouvernance/pilotage, achats/chaîne de valeur, climat/mesure-plan).
Ne faites pas “d’abord on agit, ensuite on documente”.
Faites “on agit et on trace” : décisions, politiques, indicateurs, comptes rendus, procédures, supports internes, clauses achats, etc.
20–30 minutes / mois, avec 3 questions :
C’est souvent ce rituel (simple) qui fait la différence entre “intention” et “certification tenable”.
Si vous envisagez B Corp (ou une recertification), le vrai sujet n’est pas “faire plus”.
C’est organiser la cohérence entre vos intentions, vos décisions, vos pratiques… et les preuves associées.
Chez Metanoia, j’accompagne les organisations à traduire ces exigences en plan d’action réaliste : priorisation, pilotage, collecte de preuves, et mise en place d’un système qui tient — sans transformer la démarche en usine à gaz. Contactez moi si vous souhaitez en discuter.
2/19/2026
Publié le